28.04.2008

L'enquête de terrain selon le MAUSS

Sommaire de la REVUE DU MAUSS, 2003 (dir. Daniel Céfaï)



Avant-propos
I. Histoires des origines du travail de terrain
Présentation :  
  — Folklorisme et ethnologie en France
  — L’invention du travail de terrain en Grande-Bretagne
  — Anthropologie culturelle et enquête sociale aux États-Unis
  — L’école de sociologie de Chicago
  — L’école d’anthropologie de Manchester et le Rhodes-Livingstone Institute
  — Sur les annexes méthodologiques
James Urry : 1. La constitution du questionnaire « Notes and Queries on Anthropology ». Les premiers pas de l’anthropologie britannique
George William Stocking Jr. : 2. La magie de l’ethnographe. L’invention du travail de terrain de Tylor à Malinowski
Jennifer Platt : 3. La première vague de l’école de sociologie de Chicago. Le mythe des données de première main
John Arundel Barnes : 4. Problèmes éthiques et politiques. L’enquête en contexte colonial vue par un anthropologue du Rhodes-Livingstone Institute
II. La controverse autour du tournant interprétatif en anthropologie
  Présentation
Clifford Geertz : 5. La description dense. Vers une théorie interprétative de la culture
Peter Winch : 6. Comprendre les sociétés primitives. Une approche wittgensteinienne
James Clifford : 7. De l’autorité en ethnographie. Le récit anthropologique comme texte littéraire
Martin Hammersley : 8. Le tournant rhétorique en ethnographie. Une réponse poppérienne au textualisme
III. La renaissance des méthodes qualitatives en sociologie
  Présentation
Raymond Gold : 9. Jeux de rôles sur le terrain. Observation et participation dans l’enquête sociologique
Howard Becker : 10. Inférence et preuve en observation participante. Sur la fiabilité des données et la validité des hypothèses
Anselm Strauss et Juliet Corbin : 11. L’analyse de données selon la grounded theory. Procédures de codage et critères d’évaluation
Aaron V. Cicourel : 12. Contre un empirisme naïf. Une théorie plus forte et un contrôle plus ferme sur les données
Robert Emerson : 13. Le travail de terrain comme activité d’observation. Perspectives ethnométhodologistes et interactionnistes
Michael Burawoy : 14. L’étude de cas élargie. Une approche réflexive, historique
et comparée de l’enquête de terrain,
Postface. L'enquête de terrain en sciences sociales (par Daniel Céfaï)
  — Introduction
  — Anthropologie et sociologie : nouvelles pratiques du terrain
  —Travail de terrain, étude de cas, observation participante et description ethnographique
  — Logique de l’enquête : rationalisme critique et inductionnisme analytique
  — Les cadres de pertinence de l’enquête : situations ordinaires et situations scientifiques
  — Les compétences corporelles : savoir-faire, savoir-voir et savoir-dire
  — La dynamique des interactions et des conversations
  — Stratégies et échelles de l’enquête de terrain
  — Problèmes de fiabilité et de validité sur le terrain
  — Conclusion. Éthique et politique du terrain

22.04.2008

Bio-bibliographie d'Henri Lefebvre

HENRI LEFEBVRE (1901-1991)


Né en 1901 à Hagetmau, Henri Lefebvre poursuit des études de philosophie qui le conduisent à l’agrégation, non sans avoir exercé entre temps pour des motifs alimentaires divers métiers dont celui chauffeur de taxi. Philosophe engagé, il fréquente les milieux surréalistes puis se tourne vers le marxisme dont il sera un des penseurs clé du 20ème siècle. Résistant, il est radié de l’Éducation Nationale sous Vichy. Il sera réintégré à la Libération.

De 1944 à 1949, il est le directeur de Radiodiffusion française, une station de radio située à Toulouse. Au cours des années 1950, son évolution concernant la théorie marxiste, en particulier son rejet sans concession du stalinisme, lui vaut d’être exclu du PCF en 1958.
En 1962, il devient professeur de sociologie à l'Université de Strasbourg, puis à Université de Paris X-Nanterre, et pour finir à l'Institut d'Urbanisme de Paris.

Son influence marquera les futurs leaders étudiants des évènements de mai 1968. Ses nombreux ouvrages de philosophie, de sociologie, d’histoire sont traduits dans le monde entier. Il développe des thèses originales sur l’espace, la ville, la vie quotidienne, l’État. Il s'est occupé plus particulièrement des problèmes d'urbanisme et du territoire, présentant la ville comme le coeur de l'insurrection esthétique contre le quotidien.

Quelques ouvrages dans la longue bibliographie.  Critique de la vie quotidienne, 1947. Ed Grasset.  Le marxisme,1948 Ed Que sais-je (19 rééditions).  Le droit à la ville 1968 ed. Anthropos.  La vie quotidienne dans le monde moderne  1968 ed. Gallimard., La Révolution urbaine, 1970, La Production de l'espace, 1974, Anthropos.

Il fonde en 1970 avec Anatole Kopp la revue Espaces et sociétés.


Bio-bibliographie de Paul Henri Chombart de Lauwe

PAUL HENRI CHOMBART de LAUWE


Né à Cambrai, Paul Chombart de Lauwe fit des études d’ethnologie et de psychologie. En 1940, il s’engagea dans la Résistance et rejoignit deux ans plus tard les forces aériennes en Afrique du Nord. En 1945, il mena, au CNRS, ses premiers travaux sur l’espace urbanisé, en s’appuyant sur des prises de vue aériennes. Il fonda en 1949 le Groupe d’ethnologie sociale, et s’intéressa particulièrement au milieu ouvrier.

En 1952, le groupe publia un ouvrage sur Paris et son agglomération. De nombreuses enquêtes sociologiques aboutirent à la publication de la Vie quotidienne des familles ouvrières (1956). En 1959, le groupe devint le Centre d’ethnologie sociale, qu’il dirigea jusqu’en 1980. Son souci de rendre compte des besoins et aspirations des populations auprès des autorités et techniciens l'amenèrent au plus près des réalités de terrain, de la demande spécifiée des groupes sociaux et des configurations matérielles de l'espace.
En 1960, il entra à l’EHESS, où il dirigea un séminaire sur les transformations de la vie sociale et les processus d’interaction individus-groupes-société. Puis, après Mai 68, il orienta ses recherches sur les mouvements sociaux et le rôle des intellectuels.

Il est l’un des précurseurs de la sociologie urbaine en France. S’appuyant sur l’ethnologie et la psychosociologie, il s’intéressa au devenir des sociétés industrialisées à travers les transformations sociales et les processus de domination qu’elles génèrent. Parmi ses principaux ouvrages, citons : Des hommes et des villes (1965) ; Pour une sociologie des aspirations (1969) ; la Culture et le Pouvoir (1975) ; la Fin des villes. Mythe ou réalité ? (1982).

Alors que la télévision s'implante en France dans les années cinquante, Jean d'Arcy, directeur des programmes, a pour ambition d'associer cette nouvelle technique de transmission d'images au rassemblement des Français : à la refondation de l'unité nationale. C'est dans ce contexte qu’il participe à la conception et à la réalisation d'une des premières séries documentaires que la télévision diffuse entre 1957 et 1960. Cette expérience inédite porte les empreintes des travaux du chercheur et de son équipe. La démarche, les thèmes et les principes développés dans les ouvrages du sociologue trouvent ici leur application dans une transposition filmique réfléchie. L'observation d'une "unité de vie sociale" et de groupes sociaux distincts constitue le fil rouge de ce "Tour de la France " des années cinquante auquel il contribue - tant par l'apport scientifique de ses écrits que par ses formes d'engagement. A la découverte des Français: série de 14 films noir et blanc, 16 mm, produits par la radio diffusion télévision française (RTF), diffusés de 1957 à 1960, auteurs-réalisateurs: Jean-Claude Bergeret et Jacques Kriet, direction scientifique: Paul-Henry Chombart de Lauwe:
- La Butte-à-la-reine, La Rue du moulin de-la-pointe, Sainte-Croix-du-Verdon, La Rue Mouffetard, Danger en pays chartrain, Bruay-en-Artois, Une famille d'instituteurs, Rencontres à Paris, Garazi, Le Café du Beau Site, C'est arrivé en Limousin, Le Petit Bal, Albiez-le-Vieux, La Pêche au feu.

En dehors de ces travaux socio-anthropologiques français, Paris et sa zone péri-urbaine, Bordeaux, Nantes-Rézé, il est aussi connu pour ses recherches en Afrique (Cameroun, Mandara 1935), pour ses travaux dans le cadre de l’Uriage (Ecole des cadres) qui portaient sur l’Asie et qui furent interrompus par la guerre ainsi que pour ses recherches sur l’interculturalité (notamment en lien avec Carmet Camilieri de l’Association de recherche interculturelle) et sur les femmes et les mouvements féminins avec sa femme, ancienne déportée, chercheuse en psychologie au CNRS et directrice de la Fondation de la mémoire de la déportation, Marie-Jo Chombart de Lauwe.

Réf: Livre d’entretiens de Thierry Paquot Un anthropologue dans le siècle. Editions Descartes et Cie, 1995.